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Histoire du nord du Maine

En 1604, Pierre Du Gua, Sieur de Monts, ainsi que Samuel de Champlain et 77 autres hommes se sont installés à St. Croix Island, Maine; ainsi commençait la présence française en Acadie. Le printemps suivant, les survivants de l’expédition ont déménagé à Port-Royal, aujourd’hui en Nouvelle-Écosse. Aujourd’hui, l’Acadie compte l’est du Maine et les provinces maritimes du Canada.

En 1750, alors que la colonie française d’environ 18 000 habitants prospérait en Acadie, dans les colonies britanniques au sud, bien qu’elles aient été en croissance rapide, les choses n’allaient pas bien. Ainsi, le gouverneur Charles Lawrence de la Nouvelle-Écosse et le gouverneur William Shirley du Massachusetts ont voulu déplacer les catholiques français de la Nouvelle-Écosse pour les remplacer par des sujets britanniques, les fermiers de la Nouvelle-Angleterre. Entre 1755 et 1763, pendant « Le Grand Dérangement », 14 000 catholiques français ont été déplacés d’Acadie dans les colonies britanniques au sud (Massachusetts, Connecticut, New York, Maryland, Pennsylvanie, Caroline du Sud, Géorgie), en France et en Angleterre. Pendant les huit ans qu’a duré cette déportation massive, la moitié de la population acadienne a péri; des familles ont été rompues, leurs membres étant embarqués sur différents bateaux vers divers ports; les enfants étaient séparés de leurs parents. Les soldats britanniques, pour décourager les Acadiens de rentrer dans leur patrie, ont détruit récoltes et animaux et ont incendié maisons, granges et églises.

Après le Traité de Paris de 1763, la France, ayant cédé toutes ses possessions canadiennes à la Grande-Bretagne, les Acadiens ont fait une pétition pour avoir le droit de rentrer en Acadie, droit qui leur a été accordé. Des milliers qui avaient été exilés dans les Îles Vierges se sont dirigés vers la Louisiane, ancêtres des Cajuns d’aujourd’hui. Bon nombre sont rentrés en Nouvelle-Écosse et ont découvert que leurs terres étaient occupées par des Planters de la Nouvelle-Angleterre. Donc, ils sont partis vers le nord, à Fredericton, Nouveau-Brunswick, où se sont rendus d’autres réfugiés acadiens de familles acadienne et québécoise mixtes. Après avoir construit ce qu’ils croyaient être un village permanent à Ste-Anne-des-Pays-Bas, les Acadiens ont de nouveau été déplacés en 1785 par 40 000 soldats loyalistes et leurs familles qui revenaient au Canada après la Guerre d’indépendance. Les catholiques français cette fois se sont rendu encore plus dans le nord, dans le territoire de Madawaska, les terres au nord et à l’ouest de Grand Falls, Nouveau-Brunswick. Le village de Madawaska était peuplé uniquement par des habitants français jusque dans les années 1830 alors que des Écossais, des Irlandais et des Américains sont venus travailler dans l’industrie du bois. Malgré le traité Webster-Ashburton de 1842 divisant ce peuple jadis homogène entre deux pays, le Canada et les États-Unis, la frontière est demeurée passablement perméable et les mariages mixtes ont été nombreux. Le français demeure la langue maternelle d’environ 85 pour cent des résidents de la vallée de la rivière St-Jean.

Lorsque 21 familles de Stockholm, Suède ont été recrutés pour venir s’établir dans le comté d’Aroostook, Maine en 1870, le gouverneur d’alors, Joshua Chamberlain, croyait que le tempérament suédois besogneux était ce qu’il fallait pour peupler les vastes forêts vierges du comté.

Ces Scandinaves, ayant donné un nouveau souffle à leur vie et à celle du comté, ont tenu à respecter les traditions de leur pays d’origine. Pendant l’hiver, ils faisaient du ski pour se déplacer, pour chasser – et aussi pour se divertir. Peu après leur arrivée, des carnavals d’hiver ont commencé à se développer : concours de sprints, de sauts et, à la longue, marathons de 290 kilomètres en quatre jours.

Au fil des ans, le ski s’est propagé au comté d’Aroostook dans son entier qui compte maintenant des stations de ski nordique parmi les meilleures au monde et certaines des meilleures zones de ski alpin communautaire dans la région.

(Histoire acadienne gracieuseté de la professeure Lise Pelletier)

(Photo gracieuseté du Musée Acadien)